Les impacts des pesticides systémiques sur la santé humaine

Quels peuvent être les effets des pesticides systémiques sur la santé humaine?

L’impact des néonicotinoides sur la santé est  peu documenté malgré leur utilisation massive à travers le monde depuis maintenant plus de 20 ans. Cependant, nous connaissons aujourd’hui certains des effets de ces substances :

Neurotoxique  :impact des pesticides sur le cerveau - santé humaine

L’acétamipride et l’imidaclopride, sont reconnus par l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa)  pouvant affecter le système nerveux et le développement cérébral. Ils sont susceptibles de compromettre les fonctions de l’apprentissage et la mémoire (1).

Perturbateurs endocriniens (soit qui agissent sur l’équilibre hormonal et peuvent altérer des fonctions telles que la croissance, le développement, la reproduction, etc.) :

L’Agence canadienne de réglementation sur la lutte antiparasitaire (ARLA) classe la clothianidine, le thiaclopride et le thiaméthoxam comme perturbateurs endocriniens potentiels. Elle note également des effets suspectés sur la reproduction chez l’animal pour l’acétamipride, la clothianidine et le thiaméthoxam (2).

Cancérigène, génotoxique (qui peut provoquer des dommages à l’ADN et entraîner des mutations) et cytotoxique (soit toxique pour les cellules et pouvant les détruire) :

Le thiaclopride, la clothiadinine et l’imidaclopride seraient responsables entre autres d’affecter la multiplication cellulaire et provoquer des cassures de l’ADN ouvrant la voie à de possibles mutations ou à des effets cancérigènes (3).
Par exemple, le thiaclopride est classée depuis juillet 2013 comme cancérigène C2 par la Commission Européenne et considéré comme tel par  l’EPA (Environmental Protaction Agency) depuis 2003 (4).

Voies d’exposition :

Les voies d’exposition aux pesticides systémiques sont multiples (eau, air, aliments) et notre exposition y est quasi inévitable. Une étude réalisée aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande en 2014 révèle que tous les fruits et légumes  échantillonnés et 90% des miels échantillonnés contenaient des traces d’au moins un pesticide néonicotinoïde. Cette étude démontre par ailleurs le caractère systémique et la présence de ces pesticides dans tous les tissus des fruits et légumes et non a leur surface (5).

Bien qu’utilisant une méthodologie différente, les études menées au Québec par le MAPAQ démontrent que des résidus de pesticides ont été retrouvés dans 41% des fruits et légumes échantillonnés (6).

Expositions :

Plusieurs travaux de recherches prouvent l’exposition massive des citoyens aux pesticides au Québec. Cette étude sur les enfants de 3 à 7 ans démontre la présence de résidus de pesticides organophosphorés dans 99 % des 442 échantillons (7).

Par ailleurs, il est très difficile pour les agriculteurs de se protéger efficacement les pesticides (8). Seule l’interdiction des substances dangereuses peut réduire les risques.